09 Avril 2026
Depuis quelques temps maintenant, je songe à ne plus faire de la photographie en séries.
Il se dégage de cette pratique une forme de pression, une attente.
Ma pratique d’autodidcate non structurée me rend névrosée face aux injonctions des jurys de concours, aux attentes des galeries et lieux d’expositions, aux institutions, etc.
Enfin, ne plus faire de séries, je ne sais pas. Revoir plutôt mes intentions et mon travail. Revoir le corpus d’images au sens large. Me sentir plus libre.
J’ai pris un temps de recul.
Toutes mes séries actuelles se concentrent vers un seul et unique point de convergence que je définis en 2 mots :
“Quand ? entre”
Il s’agit de la notion qui tourne autour du moment où une situation bascule, de quand on passe d’un modèle traditionnel, ancestral, culturel à un moment qui devient spectavle, une économie.
Quand le rituel devient folklore ;
Quand la tradition devient performance ;
Quand la culture devient produit touristique ;
Quand un territoire devient décor ;
Quand un geste ancestral devient spectacle ;
Quand la mémoire devient archive.
Ce moment de transition imperceptible pour ceux qui le vivent.
On ne sait jamais excatement quand la bascule a lieu.
On ne s’en rend qu’après coup, si d’ailleurs on s’en rend compte.
Il s’agit des mêmes chosent qui se jouent dans l’érosion. La transformation est lente, mais le résultat est radical.
La liminalité.
Ce moment où l’on se trouve entre deux états.
ni avant.
Ni après.
Mais sur la brèche.
Quand un village devient une destination touristique. Quand un paysage rural devient une zone périurbaine. Quand une cérémonie religieuse deveint un évènement culturel. Quand un lieu de travauil devient un patrimoine.
Dans ces moments, les signes du passé sont encore présents, mais ils commencent à changer de fonction.
Ce moment presque fantomatique.