BOIS NOIR
Bois noir, nerfs sous pierre,
Racines serrées, souffle amer.
Chair de sève, corde tendue,
Le ciel est mort, les voix perdues.
Écorce fendue, cri sans écho,
Le béton presse, le sol est trop.
Des branches torses, peau de ciment,
Le vent s’étouffe, glacial, tranchant.
Bois noir, nerfs sous pierre,
Racines serrées, souffle amer.
Chair de sève, corde tendue,
Le ciel est mort, les voix perdues.
Mâchoires d’acier mordent les troncs,
Un râle sec, un bruit de fond.
Le goudron boit la vie qui suinte,
Une plaie muette, une fièvre éteinte.
Bois noir, nerfs sous pierre,
Racines serrées, souffle amer.
Chair de sève, corde tendue,
Le ciel est mort, les voix perdues.
Sous la ville, les veines cognent,
Le sol vibre, les pierres grognent.
Mais personne ne descend,
Personne n'entend.
Bois noir, nerfs sous pierre,
Racines serrées, souffle amer.
Chair de sève, corde tendue,
Le ciel est mort, les voix perdues.
Une Étude Anthropologique des Jardins
Les
photographies de "Bois Noir" capturent les arbres, arbustes et
haies des jardins privés, révélant les choix esthétiques et les pratiques
culturales des habitants. Chaque cliché est une fenêtre sur un mode de vie, une
histoire personnelle, et une relation unique avec l'environnement naturel.
Périurbain
: Les jardins périurbains, souvent
soigneusement entretenus, témoignent d'un désir d'harmonie entre nature et
habitat. Les haies taillées et les arbustes ornementaux racontent une quête de
beauté et de fonctionnalité dans un espace souvent limité. Ces jardins sont le
reflet de familles cherchant un équilibre entre la vie urbaine et le besoin de
verdure.
Rural
: Dans les communes rurales, les
jardins sont des espaces de liberté et de diversité végétale. Les arbres
fruitiers et les plantes locales évoquent une connexion profonde avec le
terroir et les saisons. Ces jardins sont souvent le fruit du travail de résidents
attachés à la terre, cherchant à préserver un mode de vie authentique et
durable.
Côtier
: Les jardins côtiers, façonnés par
les éléments marins, révèlent une résilience et une adaptation constantes. Les
plantes résistantes au vent et au sel témoignent de la capacité des habitants à
vivre en symbiose avec un environnement parfois hostile. Ces jardins sont
souvent entretenus par des propriétaires de résidences secondaires ou des
retraités ayant connu leur âge d'or durant les Trente Glorieuses. Ces deux
typologies de population, souvent aisées, apportent une dimension particulière
à ces espaces, où le luxe discret se mêle à la beauté naturelle du littoral.
"Bois
Noir" est une invitation à regarder autrement les espaces qui nous
entourent, à comprendre les liens invisibles qui nous unissent à la nature, et
à réfléchir à notre impact sur le monde végétal. Ce projet s'adresse à tous
ceux qui cherchent à préserver et à célébrer la beauté et la diversité de notre
environnement naturel.
Cependant,
ces espaces de lotissements sont voués à un bouleversement dans l'avenir. La
densification urbaine, nécessaire pour la préservation de l'environnement,
pourrait rendre le jardin privatif un luxe. Selon certains scientifiques et
urbanistes, la densification permet de lutter contre l'étalement urbain et
l'artificialisation des sols, tout en favorisant la mixité sociale et
l'amélioration des conditions de vie en zones urbaines. Toutefois, cette
densification doit être maîtrisée et accompagnée d'une réflexion sur la qualité
environnementale et la préservation des espaces verts.
"Bois
Noir" nous invite à réfléchir à l'évolution de nos espaces de vie et à
la manière dont nous pouvons concilier densification et préservation de la
nature.
COLLABORATION :
Art Matoshka, à l’occasion de la sortie de son EP “Déclic”, m’a sollicité pour monter les images de la série Bois Noir pour être montées en vidéo afin d’illustrer le morceau “Refuge Drums”.
Deux visions artistiques qui se répondent sur un même fil tendu.
EP disponible sur bandcamp : https://artmatoshka.bandcamp.com/album/d-clic
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