CHAIR BLEUE




Work :

_ Bois noir 

_ Phantoming the way - théâtre d’apparitions
_ Respiration Cellulaire
_ Chez les Gens



Side project :

_ Kesshu

 (collaboration with @Sti)


About _ Contact



All images © 2003-2025 Chair Bleue, All rights reserved | Design and development of the website > Chair Bleue

PHANTOMING THE WAY - Théâtre d’Apparitions

(2024)

(FR)


L’environnement nous façonne plus qu’on ne l’admet. Dans les ombres des routes que nous parcourons, des présences invisibles, oubliées ou niées, continuent d’exister, influençant nos perceptions et nos souvenirs. Phantoming the Way est une exploration de ces traces spectrales, une invitation à voir ce qui échappe à l’œil nu.


L’environnement nous imprègne, qu’on le veuille ou non. Sous le poids des kilomètres, au creux des voies nocturnes, quelque chose persiste, s’accroche aux contours flous de notre mémoire. Ces routes, que nous traversons sans un regard, sont chargées de spectres. Ce sont des empreintes laissées par nos passages, des souvenirs muets gravés dans l’asphalte, des murmures d’ombres invisibles. L’autoroute n’est pas un lieu vide ; elle respire encore les échos de ceux qui l’ont foulée.

Nos yeux, pourtant, sont traîtres. Ils ne saisissent qu’une fraction du réel, la surface brillante d’un monde où le visible règne en maître. Mais ce qui existe dans l'ombre, dans le brouillard, dans les interstices entre lumière et obscurité, ne disparaît pas pour autant. Dans cette nuit épaisse, où tout semble se dissoudre, un autre univers s’éveille, peuplé d’entités fragiles et mélancoliques. Des formes se heurtent à notre perception limitée, s’effacent, se reformulent. Ce sont des présences que nous refusons de voir mais qui, en silence, influencent nos trajectoires.

Et pourtant, parfois, une brèche s’ouvre. Une lumière crue fend l’obscurité et, dans cet instant suspendu, les ombres se révèlent. L’éclair devient un portail, une invocation. Il ne se contente pas d’illuminer ; il convoque. Ce qu’il capture n’est pas une réalité pure, mais un entre-deux, une vérité spectrale. Ces arbres aux contours imprécis, ces lumières hésitantes et ces formes vacillantes ne sont pas des accidents de la technique : ce sont des témoignages. Chaque image fixe un moment où l’invisible se fait tangible, où l’absence prend un corps. territoire où se croisent le réel et l’imaginaire, la matière et l’éther.

Ce ne sont pas des fantômes au sens classique, mais des fragments d’une mémoire plus vaste. Ils racontent nos oublis, nos absences, nos dénis. Ils sont là, flottant à la lisière de notre conscience, pour nous rappeler que rien ne disparaît vraiment. Dialoguer avec eux, c’est accepter l’idée que le passé et le présent cohabitent, que le visible et l’invisible dansent ensemble dans une lutte infinie. Ces spectres ne nous hantent pas ; ils nous accompagnent.

Et l’autoroute, souvent réduite à sa fonction triviale, devient dans ce contexte un théâtre. Une scène où ces présences prennent vie, où la lumière artificielle et la vitesse amplifient leur mystère. Chaque virage, chaque arbre effleuré par le faisceau des phares, chaque reflet fugace devient un fragment d’histoire, une apparition. Ces lieux, à première vue hostiles ou insignifiants, s’avèrent d’une richesse inouïe, un territoire où se croisent le réel et l’imaginaire, la matière et l’éther.

Le flash n’est pas qu’un outil ; il comme un médium, un révélateur. À travers lui, la machine photographique devient presque vivante, dotée d’une sensibilité propre. Elle capte ce que nous ne savons pas voir, elle dialogue avec des entités que nous avons oubliées. Elle transforme l’ordinaire en une scène mystique, où l’autoroute se pare d’une nouvelle poésie, où ses spectres nous invitent à la contemplation.

Dans ces images, la route n’est plus une simple traversée : elle devient un seuil. Un lieu où tout s’efface et renaît, où le voyage se mue en quête intérieure, où l’obscurité n’est plus à craindre, mais à embrasser.




(EN)


The environment shapes us more than we admit. In the shadows of the roads we travel, invisible presences, forgotten or denied, continue to exist, influencing our perceptions and memories. Phantoming the Way is an exploration of these spectral traces, an invitation to see what escapes the naked eye.

The environment imbues us, whether we want it to or not. Under the weight of the miles, in the hollow of the night roads, something persists, clings to the blurred contours of our memory. These roads, which we cross without a glance, are filled with specters. They are imprints left by our passages, silent memories engraved in the asphalt, whispers of invisible shadows. The highway is not an empty place; it still breathes the echoes of those who have trodden it.

Our eyes, however, are deceitful. They grasp only a fraction of reality, the shiny surface of a world where the visible reigns supreme. But what exists in the shadow, in the fog, in the interstices between light and darkness, does not disappear. In this thick night, where everything seems to dissolve, another universe awakens, populated by fragile and melancholic entities. Shapes clash with our limited perception, fade, and reformulate. These are presences that we refuse to see but which, in silence, influence our trajectories.

And yet, sometimes, a breach opens. A harsh light splits the darkness and, in that suspended moment, the shadows reveal themselves. The flash becomes a portal, an invocation. It does not merely illuminate; it summons. What it captures is not pure reality, but an in-between, a spectral truth. These trees with imprecise outlines, these hesitant lights, and these wavering forms are not accidents of technique: they are testimonies. Each image fixes a moment where the invisible becomes tangible, where absence takes form—a territory where the real and the imaginary, matter and ether, intersect.

These are not ghosts in the classical sense, but fragments of a larger memory. They tell of our forgetfulness, our absences, our denials. They are there, floating on the edge of our consciousness, to remind us that nothing truly disappears. Dialoguing with them is accepting the idea that the past and the present coexist, that the visible and the invisible dance together in an endless struggle. These specters do not haunt us; they accompany us.

And the highway, often reduced to its trivial function, becomes in this context a theater. A stage where these presences come to life, where artificial light and speed amplify their mystery. Each bend, each tree brushed by the headlights, each fleeting reflection becomes a fragment of history, an apparition. These places, seemingly hostile or insignificant, prove to be of unheard-of richness, a territory where the real and the imaginary, matter and ether, intersect.

The flash is not just a tool; it is like a medium, a revealer. Through it, the photographic machine becomes almost alive, endowed with its own sensitivity. It captures what we do not know how to see; it dialogues with entities we have forgotten. It transforms the ordinary into a mystical scene, where the highway is adorned with new poetry, where its specters invite us to contemplation.

In these images, the road is no longer a simple crossing: it becomes a threshold. A place where everything fades and is reborn, where the journey turns into an inner quest, where darkness is no longer to be feared, but to be embraced.





‘Gleamshift’ _ une lumière changeante, entre apparition et effacement 


‘Wraithwood’ _ un bois spectral, hanté par des formes fugaces


‘Fraylight’ _ la lumière qui se déchire, fragile et éphémère


‘Lingerfall’ _ un instant suspendu avant la chute, à la frontière du visible


‘Lumisigh’ _ un soupir lumineux, discret et mélancolique


‘Fadeshiver’ _ un frisson, une lumière qui tremble avant de disparaître


‘Pulsegleam’ _ un éclat pulsant, comme un battement dans la nuit


‘Shardfaint’ _ un éclat d’ombre, brisé et à peine perceptible


‘Ghostrift’_ une dérive fantomatique, errante et insaisissable


‘Murmurlight’ _ une lumière qui chuchote, subtile et effacée


‘Voidwhisper’ _ un murmure dans le vide, infiniment présent mais insaisissable


‘Vestiglow’ _ une lueur vestige, souvenir d’une lumière révolue